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Ce que 698 dirigeants de bibliothèques nous disent sur l'IA

OCLC Research /
Illustration d'un homme travaillant dans une presse à imprimer
Illustration d'une presse à imprimer : un ancien exemple de technologie qui accélérait la production et la diffusion de l'information.

Premiers résultats de la nouvelle série d'enquêtes ponctuelles d'OCLC, Éclairages d'experts, qui recensent les décisions en temps réel dans l'ensemble du secteur des bibliothèques.

Note. - Dans le présent document, les termes employés pour désigner des personnes sont pris au sens générique; ils ont à la fois valeur d’un féminin et d’un masculin.

Les dirigeants de bibliothèques gèrent le changement à un rythme qui ne cesse de s'accélérer. Les décisions concernant les technologies, le personnel, le financement et les besoins de la communauté présentent une complexité accrue et sont prises plus rapidement qu'auparavant.

Pour mieux comprendre comment ces décisions sont prises en temps réel, OCLC Research a lancé une nouvelle série d'enquêtes ponctuelles axées sur les priorités des dirigeants de bibliothèques. Ces courts sondages visent à saisir comment les dirigeants réagissent aux nouveaux défis au fur et à mesure qu'ils surviennent, complétant ainsi les recherches approfondies qui soutiennent depuis longtemps la planification stratégique et opérationnelle dans ce secteur.

Notre premier aperçu porte sur l'intelligence artificielle (IA) dans les bibliothèques.

Voici ce que les dirigeants nous ont dit.

L'utilisation de l'IA se développe, mais n'est pas uniforme

L'IA fait déjà partie intégrante du travail de nombreux dirigeants de bibliothèques, mais son adoption varie considérablement.

Dans ce sondage mené auprès de 698 directeurs de bibliothèques universitaires et publiques à travers les États-Unis :

Fréquence d'utilisation de l'IA

Quotidienne 24 %

Occasionnelle 40 %

Rarement ou pas du tout 36 %

Examen plus approfondi

L'écart entre ces moyennes est frappant. Parmi les bibliothèques de recherche de l'ARL (Association of Research Libraries), 67 % des directeurs utilisent l'IA quotidiennement. À l'autre bout du spectre, seulement 14 % des directeurs de petites bibliothèques publiques déclarent utiliser l'IA quotidiennement, et 26 % ne l'utilisent pas du tout. Les grandes bibliothèques, qu'elles soient universitaires ou publiques, font une utilisation plus semblable de l'IA que les petites bibliothèques du même type. La taille du secteur d'activité influence autant l'adoption de l'IA que le secteur lui-même.

Il n'y a pas qu'une seule voie à suivre. Les bibliothèques ont des points de départ différents, façonnés par leurs capacités, leurs priorités et les besoins de la communauté.

« Il n'y a pas qu'une seule voie à suivre. Les bibliothèques ont des points de départ différents. »

Les dirigeants s'efforcent de trouver un équilibre entre les opportunités et les inquiétudes

L'IA n'est pas abordée avec un optimisme simpliste.

Seulement 13 % des répondants disent qu'ils sont plus enthousiastes qu'inquiets de la présence de l'IA dans leur bibliothèque. La plupart décrivent leur point de vue comme étant mitigé :

Enthousiasme versus inquiétude face à l'IA

Plus enthousiastes qu'inquiets 13 %

Autant enthousiastes qu'inquiets,39 %

Plus inquiets qu'enthousiastes 33 %

Indécis 15 %

Examen plus approfondi

Le sentiment varie considérablement selon le type et la taille de la bibliothèque. Les bibliothèques ARL constituent le segment le plus optimiste du secteur : 39 % se sentent plus enthousiastes qu’inquiets, et aucune ne se dit plus inquiète qu’optimiste. Les petites bibliothèques publiques sont à l'autre extrême : 40 % sont plus inquiètes qu'enthousiastes, et 21 % sont encore indécises. Ces différences suggèrent que les conversations sur l'IA peuvent avoir un impact différent selon la taille, les ressources et le niveau d'expérience d'une bibliothèque. Cet équilibre influence la manière dont les décisions sont prises. Les dirigeants étudient les possibilités offertes par l'IA tout en réfléchissant attentivement à sa place et aux exigences d'une utilisation responsable.

La valeur pratique est le moteur de l'utilisation précoce

Pour plusieurs bibliothèques, l'IA est évaluée sous un angle pratique.

Les avantages les plus souvent mentionnés sont l'augmentation de l'efficacité et le gain de temps. Bien que l'amélioration de la découverte et de l'accès demeure importante, le soutien opérationnel constitue aujourd'hui le principal point d'entrée pour la plupart des dirigeants.

La confiance est le problème déterminant

Dans l'ensemble des bibliothèques, la confiance apparaît comme la préoccupation centrale.

Trente pour cent des répondants mentionnent la protection de la vie privée, les biais ou les risques éthiques comme leur principale préoccupation liée à l'utilisation de l'IA. Les dirigeants de bibliothèques publiques sont plus enclins que les dirigeants de bibliothèques universitaires à signaler les abus potentiels par des entités externes.

Ces préoccupations façonnent la manière dont l'exploration se déroule. L'utilisation responsable n'est pas une considération secondaire. Elle est fondamentale.

« L’utilisation responsable n’est pas une considération secondaire. Elle est fondamentale. »

Les politiques d'utilisation ne sont pas encore définies

Bien que son utilisation se développe, les directives officielles sont encore en cours d'élaboration.

Seulement 7 % des répondants affirment fournir des directives et des attentes claires concernant l'utilisation de l'IA au sein de leur organisation. De nombreuses bibliothèques sont encore en train de définir à quoi devraient ressembler leur gouvernance et leurs normes.

« Plusieurs bibliothèques sont encore en train de définir ce à quoi devrait ressembler leur gouvernance. »

Examen plus approfondi

Le manque de gouvernance est le plus marqué dans les petites bibliothèques. Plus de la moitié des directeurs de petites bibliothèques publiques (54 %) affirment que l'IA n'a jamais été discutée de manière structurée dans leur établissement, comparativement à 33 % des bibliothèques publiques moyennes, 21 % des grandes bibliothèques publiques et 0 % des bibliothèques ARL. Le défi des politiques d'utilisation n'est pas uniforme : les bibliothèques disposant du moins de ressources pour élaborer des cadres de gouvernance sont précisément celles où la conversation n'a pas encore commencé.

Parallèlement, on observe de forts signaux culturels :

  • 87 % des répondants affirment prendre activement en compte les risques éthiques lorsqu'ils prennent des décisions liées à l'IA.
  • 72 % estiment que le personnel se sent à l'aise d'exprimer ses préoccupations ou des points de vue différents.

Ensemble, ces résultats suggèrent que de nombreuses bibliothèques disposent d'une base solide sur laquelle s'appuyer à mesure que les politiques d'utilisation évoluent.

Les dirigeants se concentrent sur la suite

Pour les deux à trois prochaines années, les répondants soulignent plusieurs défis communs :

  • Compétences en matière d'IA et utilisation responsable.
  • Impacts éthiques, sur la vie privée et sur l'environnement.
  • S'adapter au rythme de changements rapides.
  • Résistance, peur et adhésion.
  • Exactitude et fiabilité des résultats.

Ce ne sont pas des préoccupations isolées. Elles témoignent d'un effort plus large visant à concilier innovation et responsabilité dans un environnement en évolution constante.

Ce que révèle cet aperçu

Cette première enquête éclair offre un aperçu clair de la situation actuelle quant à l'IA.

L'utilisation de l'IA se développe, mais n'est pas uniforme. Les dirigeants abordent la question avec un équilibre entre curiosité et prudence. Les premières explorations s'appuient sur des cas d'utilisation concrets, tandis que la confiance et l'utilisation responsable demeurent au cœur de la prise de décision.

Tout aussi important, les résultats mettent en lumière la manière dont les responsables de bibliothèques gèrent le changement de façon plus générale : prudemment, en accordant une grande importance à l’éthique et en favorisant le dialogue ouvert. 

Examen plus approfondi

Un constat se dégage de l'ensemble de l'enquête : le type et la taille de la bibliothèque influencent différemment l'utilisation de l'IA.

Le type de bibliothèque influence souvent la culture, notamment la manière dont l'expérimentation se déroule et comment les conversations débutent. La taille de la bibliothèque détermine souvent la capacité, notamment la capacité des bibliothèques à formaliser leur gouvernance et à faire progresser leurs initiatives, en termes de temps, de personnel et de ressources.

Les petites bibliothèques publiques font face à ces deux défis simultanément. Par conséquent, la voie vers une adoption responsable de l'IA pourrait être bien différente pour ces établissements que pour les grandes bibliothèques disposant de plus de ressources et d'un personnel dédié.

Une nouvelle façon d'écouter

Cet aperçu fait partie d'un effort plus large visant à mieux comprendre comment les dirigeants de bibliothèques gèrent le changement en temps réel.

La série d'enquêtes ponctuelles d'OCLC complète les recherches de longue date en apportant des perspectives opportunes et de haut niveau provenant de l'ensemble du secteur. Ensemble, ces approches offrent à la fois profondeur et immédiateté, permettant de saisir non seulement ce que les dirigeants prévoient, mais aussi ce qu'ils font actuellement.

Les enquêtes futures continueront de suivre l'évolution des priorités et des décisions.


Méthodologie

Ce sondage par courriel a été envoyé à 5 670 directeurs de bibliothèques universitaires et publiques de toutes tailles aux États-Unis entre le 3 et le 12 mars 2026. 698 dirigeants ont retourné les questionnaires remplis, soit un taux de réponse de 16 % pour les bibliothèques publiques et de 9 % pour les bibliothèques universitaires et de recherche.  Les résultats agrégés présentent une marge d'erreur de +/- 3 % au niveau de confiance de 95 %.  

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